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Datacenters, bientôt écolo ?

Datacenters, comment les rendre plus écolo ?

Véritables usines de données composées de milliers de serveurs informatiques, les datacenters risquent de prendre une place toujours plus importante dans nos vies à l’avenir. Pointés du doigt pour leur consommation énergétique et leur émission carbone, ils multiplient les méthodes pour se réinventer et limiter leur impact environnemental.

Avec des capacités de stockage toujours plus grandes, les datacenters constituent une branche essentielle de l’informatique de demain. À l’image de la formation ARD – Architecte Réseaux de Datacenter, les différents cursus de l’école supérieure du numérique AFTI apportent les compétences nécessaires aux étudiants pour relever les défis qui les attendent.

 

Une utilisation en hausse constante

L’explosion de l’informatique et du numérique a engendré une augmentation considérable du volume de données aux quatre coins de la planète. Selon une étude d’IDC, il devrait atteindre 175 milliards de téraoctets d’ici 2025. Avec les objets connectés et les smartphones, le Cloud permet dorénavant un accès illimité aux fichiers partout et n’importe quand grâce à des serveurs distants. Au travers du stockage en datacenters, des sociétés spécialisées se chargent de l’externalisation des données avec tous les processus de bon fonctionnement qui en découlent. De l’administration des serveurs à leur entretien matériel, ces experts limitent grandement les risques et la durée des pannes. À l’exemple des sites e-commerce et des grandes entreprises internationales, ce service est devenu incontournable. Mais avec une consommation énergétique qui double tous les 4 ans, les datacenters pourraient passer de 3 à 10 % de la production mondiale d’électricité d’ici 2030. Si on prend également en compte les émissions de gaz à effet de serre, il est urgent d’opter pour des solutions plus respectueuses de la planète.

 

De nouvelles techniques de refroidissement

Devant être maintenus à une faible température, les datacenters utilisent la moitié de leur énergie pour le refroidissement. La première initiative des spécialistes du domaine pour limiter cette dépense a donc été de déplacer la construction des centres de données dans des régions au climat froid. On a pu voir Apple s’installer au Danemark et Google en Finlande. Ce dernier utilise notamment une technique naturelle à base d’eau de mer glaciale pour refroidir ses serveurs. Dans la même optique, Microsoft a réalisé un datacenter sous-marin en Écosse. L’entreprise américaine obtient une température inférieure à 14°C quand les autres datacenters oscillent entre 15 et 35°C sur terre.

Cependant, la tendance dans le domaine s’oriente vers des établissements de proximité pour profiter de performances accrues. De plus, les récentes normes comme le RGPD en Europe exigent l’hébergement de données dans des serveurs situés sur le territoire. Pour répondre à ses nouveaux besoins tout en diminuant l’énergie consommée, de nouvelles solutions apparaissent. Google est ainsi parvenu à la diviser par deux en combinant des dispositifs de contrôle intelligents pour la température et les éclairages avec un système de refroidissement par évaporation.

Une autre solution se profile avec la réutilisation de la chaleur produite par les datacenters afin d’alimenter des réseaux basse température dédiés. En France, les centres de données contribuent ainsi au chauffage de piscines publiques, de quartiers d’affaires ou encore de résidences étudiantes. Un principe qui permet au datacenter attenant à la piscine des Buttes aux Cailles d’engendrer une économie de plus de 45 tonnes de CO2 par an.

Le suréquipement hardware des serveurs est également une source inutile d’énergie qui peut être diminuée par une mise en commun des ressources de calcul. À cela s’ajoutent les dernières technologies de construction pour concevoir des datacenters hyperscales moins gourmands en énergie. En attendant que les serveurs soient capables de résister à la surchauffe, des systèmes comme l’Autoscale de Facebook favorisent la mise en veille d’une partie des serveurs en heures creuses.

 

Automatisation et intelligence artificielle

Avec différents capteurs et des réseaux de neurones, l’IA est aujourd’hui capable d’optimiser l’efficacité énergétique des datacenters. Avec des entreprises comme Google, des solutions d’intelligence artificielle analysent les données de températures, d’humidité et bien d’autres pour moduler le fonctionnement des serveurs selon les besoins. À cela vient s’ajouter, la robotisation pour se diriger vers la création de datacenters pratiquement autonomes. De nombreuses startups innovent en la matière avec notamment le système OTTO de TMGcore et son refroidissement par immersion.

 

Le recours aux énergies renouvelables

Si un niveau d’énergie est toujours nécessaire pour refroidir les serveurs, l’emploi d’énergies comme le soleil, l’eau ou le vent offrent des solutions écologiques. En Iowa, un datacenter de Facebook est basé sur l’énergie éolienne, tandis qu’Apple a mis au point une installation solaire optimisée frôlant les 100 % d’alimentation à l’énergie renouvelable. Les autres géants du secteur Microsoft et Amazon progressent également avec des installations affichant un taux d’énergies renouvelables supérieur à 50 %.

Devant les efforts manifestes des gouvernements face au réchauffement climatique, les datacenters sont au premier plan. Destinés à se multiplier dans les années à venir, ils voient leur évolution intimement liée avec les progrès en matière d’économie d’énergie et de respect de l’environnement. Dans tous les cas, les futurs ingénieurs informatiques, architectes et techniciens en datacenter vont être de plus en plus demandés. Avec des formations en alternance, l’AFTI fournit les connaissances et l’expérience nécessaires pour entamer une carrière dans un secteur informatique prometteur.