+33 (0)1 69 33 05 50

Actualité et agenda de l'AFTI

À quand la fin du clavier ?

Quand on pense à un ordinateur, on se le figure souvent accompagné d’un clavier. Même lorsque l’on dispose de claviers tactiles, comme dans le cas des tablettes, certains se procurent même un clavier supplémentaire ressemblant au clavier classique. Mais avec l’émergence de nouvelles interfaces informatiques et malgré l’apparente évidence et praticité du clavier, il serait de bon ton de revoir nos bien-aimées, mais anciennes interfaces que sont le clavier et la souris. 

Après 150 ans de bons et loyaux services, l’heure de fin du clavier a-t-elle sonné ? Commandes vocales, réalité augmentée, partons à la découverte des interfaces du futur.

 

Un peu d’histoire

On a toujours grandi avec des claviers autour de nous, et comme la plupart des choses qui nous entourent et qui nous paraissent évidentes, on ne remet pas forcément en question l’usage de ces derniers. Pourtant, ces types d’interfaces n’ont pas toujours été une évidence.

Qu’est-ce qu’un clavier au final ? C’est tout simplement une interface homme-machine qui est la porte d’accès aux fonctionnalités de la machine. Bien avant l’arrivée des ordinateurs, le premier clavier a été conçu pour une machine à écrire par Christopher Latham Sholes.

C’était en 1873 que le premier QWERTY a vu le jour, il y a donc près de 150 ans. Ce n’est que bien après, dans les années 1960, que l’on réutilisera les mêmes types de claviers QWERTY, ou sa version française AZERTY, au service des ordinateurs. Des décennies plus tard, l’interface n’a pas changé.

Rien de logique ou de pratique là-dedans. D’une part parce que nous sommes passés à des ordinateurs autrement plus puissants. D’autre part parce que la disposition des touches des machines à écrire, ensuite reprise par les claviers d’ordinateur, était faite de telle sorte que les tiges reliées à chaque touche ne puissent pas se croiser, il fallait donc espacer les lettres les plus fréquemment utilisées.

En passant de machine à écrire à ordinateur, il s’agissait donc uniquement de ne pas bousculer les personnes avec leurs habitudes déjà installées. Le clavier n’est donc pas intuitif et n’a pas été pensé en termes d’UX (a.k.a expérience utilisateur), mais en termes de praticité technique pour une machine qui n’est plus de notre temps. Ne serait-il pas temps d’adapter les interfaces aux nouvelles technologies émergentes ?

D’autant qu’avec l’arrivée des smartphones et autres devices du genre, nous avons assisté à une petite révolution du clavier avec le clavier tactile. Là où on tapait dessus avec 10 doigts (ou presque), deux seulement feront maintenant l’affaire pour des claviers d’une taille réduite qui doivent tenir sur la moitié de la taille d’un smartphone. Le changement du clavier a été entamé, mais si on pouvait complètement s’en passer ?

 

Place à la parole

L’ère de la reconnaissance vocale est arrivée. Des progrès spectaculaires ont été faits en la matière, mais il reste sûrement encore beaucoup à faire, qu’il s’agisse de Siri pour Apple, Cortana pour Microsoft ou encore Alexa pour Amazon.

Ces assistants virtuels sont bel et bien là, même si leur utilisation reste pour l’instant occasionnelle. On pourrait espérer dans le futur une inversion des usages.

Les interfaces informatiques sont amenées à comprendre notre langage de façon plus fine, et de nombreuses tâches pourraient être facilitées, comme écrire un email ou effectuer une recherche internet.

Lors d’une conférence Google I/O de 2018, le CEO de Google présentait les derniers progrès en la matière et, le tout dernier assistant vocal était alors capable d’appeler pour prendre rendez-vous chez le coiffeur à votre place, tout en étant parfaitement capable de comprendre les subtilités du langage.

Ces assistants doublés d’intelligence artificielle pourraient bien envahir notre quotidien à travers, notamment, les objets connectés. Le dirigeant d’Amazon a ainsi pour projet de faire d’Alexa l’interface de communication principale avec les objets intelligents.

 

Une réalité augmentée espérée

Même avec de tels progrès, il paraît pour l’instant difficilement concevable d’imaginer la fin totale du clavier, notamment dans des domaines qui requièrent des compétences plus techniques que celles découlant de l’utilisation quotidienne et domestique de nos appareils. On pense à l’informatique par exemple. Comment coder sans clavier ?

Avec l’avènement de la réalité augmentée, on attend avec impatience l’émergence de l’informatique holographique, à la Minority Report ou façon Tony Stark dans Iron Man. La société Oblong a ainsi développé G-Speak, un système de commande ou l’UX est complètement revisité par rapport à celle d’un ordinateur classique.

Car celui-ci était à l’origine pensée pour un utilisateur à la fois, mais pas plusieurs. Oblong a essayé de repenser cela en intégrant une interface intuitive tridimensionnelle, où la frontière entre virtuel et réalité est plus atténuée.

Ainsi, l’utilisateur contrôle un écran projeté sur une surface à l’aide de commandes gestuelles simples, aidées par des capteurs, redonnant une échelle humaine à l’expérience informatique.

 

Des Google Glass en passant par les lunettes de l’entreprise Atheer, la réalité augmentée a le vent en poupe et ouvre les portes de l’informatique holographique. Et avec la commande vocale qui ne cesse de s’améliorer, c’est à se demander ce que nous réservent les interfaces du futur.

Et pourquoi ne pas contrôler l’ordinateur par la pensée ? Elon Musk de son côté y pense très sérieusement. Alors, le clavier bientôt has been ? Impatients que nous sommes, on espère que c’est pour bientôt.