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Actualité et agenda de l'AFTI

L’IA, un mal pour un bien

L’intelligence Artificielle est bel et bien là. Conséquence directe de l’ère technologique dans laquelle nous vivons, elle signe la disparition prochaine de certains emplois.

Mais l’IA va également marquer l’avènement de nouvelles professions et elle a déjà commencé en ce sens. Quels sont les métiers menacés ? Et quels nouveaux métiers faudra-t-il s’attendre à voir émerger ? Zoom sur les métiers de demain.

 

Les métiers menacés

Il est vrai que de nombreux métiers vont être voués à disparaître du fait de l’accélération technologique en marche. Le think tank « Institut Sapiens » a établi le top 5 des métiers en voie de disparition.

Ainsi, les employés de comptabilité, les employés de banque et d’assurance, les manutentionnaires, secrétaires de bureautique et de direction, caissiers et employés de libre-service ont tous une forte probabilité d’être remplacés par l’automatisation dans un futur proche. L’étude s’est basée sur le fait que ces métiers ont connu la plus forte diminution depuis 1986 (d’après les données de l’INSEE et de la DARES).

Dans cette même étude publiée le 21 août 2018, il est estimé que « près de 2,1 millions d’actifs concentrés dans ces cinq métiers (…) ont une forte probabilité de voir leur emploi disparaître dans les prochaines années ».

Les chiffres pour quantifier l’ampleur du bouleversement varient : une prévision pour 2033 de 47 % des emplois touchés par l’avancement de l’automatisation des tâches selon une étude Oxford de septembre 2013, contre 14 % d’après une étude plus récente de l’OCDE (mars 2018).

L’automatisation ainsi que l’intelligence artificielle sont malencontreusement souvent uniquement perçues comme destructrice d’emplois. Il ne faut cependant pas oublier qu’elle va générer et génère déjà actuellement de nombreux métiers à forte valeur ajoutée. Quels sont-ils ?

 

L’IA dans les secteurs IT

Coach de robots, ou Manager Homme-Machine, figure parmi les métiers qui devraient se développer prochainement d’après le MIT. Car avant de remplacer l’homme, les machines ont besoin de l’inventeur pour exister, qui va ensuite les programmer et s’assurer de leur bon fonctionnement, ainsi que faire l’intermédiaire avec les humains.

L’intelligence artificielle, sous forme de robots ou d’objets connectés, va être amenée à occuper une part de plus en plus importante au sein des domiciles, bureaux, usines, hôpitaux, écoles, etc. Il sera donc primordial de veiller à son bon fonctionnement.

Néanmoins, pas besoin d’attendre jusque-là. Certains métiers liés à l’IA sont déjà présents sur le marché du travail.

Vous avez sûrement déjà vu sur un site marchant les fenêtres de discussion chatbot. Et bien derrière la conception de cette IA se trouvent des développeurs informatiques, bien évidemment, qui sont chargés de programmer le chatbot, mais pas que.

Le chatbot master est chargé de coordonner le projet, en passant par le dialogue avec les entreprises clientes, puis avec les équipes techniques. Ainsi, des entreprises recrutent de plus en plus des chefs de projets web ayant un goût pour l’innovation.

On connaît d’ores et déjà les métiers d’ingénieurs en IA ou de Data Scientist ou Analyst qui s’intègrent parfaitement dans les métiers porteurs au sein d’un avenir technologique. Des formations sont disponibles pour accéder à ce type de métiers, via des écoles d’ingénieur informatique.

 

L’impact de l’IA dans les autres secteurs

Les métiers relatifs à l’IA ne toucheront pas que le secteur informatique pur (et heureusement). De nouvelles activités ont dès à présent vu le jour et viennent brouiller la classification traditionnelle des métiers.

Il sera donc extrêmement intéressant, à long et moyen terme, d’avoir une double compétence métier et informatique. Comme nous le montre les métiers de computational linguist, juriste augmenté, ou encore chief ethics officer ou psydesigner.

Le computational linguist, ou ingénieur TAL (Traitement Automatisé des Langues), s’aide des algorithmes pour lui permettre d’analyser et de rédiger des textes de manière automatisée. Une double compétence en informatique et linguistique est alors requise.

Le juriste augmenté développe des logiciels assistés par l’IA pour la gestion et l’analyse de contrats juridiques. Cela permet donc aux professionnels du droit de gagner du temps afin de s’orienter vers des travaux nécessitant une plus forte expertise.

Les algorithmes, quant à eux, travaillent parfois sans se poser de questions. C’est là que peut intervenir le chief ethics officer, ou éthicien, de formation à la fois en sciences humaines et techniques, qui se porte garant de l’éthique de nos assistants algorithmiques.

Le psydesigner, associant ses connaissances en psychologie et en technologie, sera le façonneur de personnalités des IA. Métier du futur, cité par Eric Dosquet dans une chronique d’Harvard Business Review, le psydesigner devra faire en sorte que « ces assistants personnels incarnent des valeurs et des traits de personnalités compatibles avec les nôtres, jusqu’à devenir uniques. »

 

L’IA pour demain

De manière générale, les applications de l’IA ne vont épargner aucun secteur d’activité : de l’industrie à la finance, en passant par le domaine de la santé, celui de l’éducation et du transport, avec l’émergence des véhicules autonomes, tous les secteurs seront impactés. Cette infographie fait un tour d’horizon des domaines les plus affectés.

Le monde du travail devra être complètement repensé avec l’arrivée de cette nouvelle ère technologique. Afin de développer ces nouvelles innovations et faire face aux bouleversements profonds qui vont en découler, il sera nécessaire de rassembler les connaissances d’experts provenant d’horizons très variés.

Les chercheurs auront ainsi du fil à retordre. Que ce soit en sciences cognitives, biologie, physique quantique, nanotechnologie ou encore philosophie, psychologie ou éthique, sciences dures et sciences humaines se devront d’œuvrer main dans la main pour mieux appréhender l’ère de demain.

Et n’oublions pas, comme le rappelle très justement la société américaine Cognizant dans son rapport Jobs of the Future (dans lequel elle s’évertue à imaginer 21 jobs du futur), qu’il « ne faut pas sous-estimer l’imagination et l’ingéniosité humaine […]. À l’ère des machines intelligentes, l’homme continuera à vouloir explorer — et fabriquer — ce qui suit. Et ce faisant sera la source de nouveaux travaux à l’infini »