Reconnaissance faciale : le futur de lidentification face à l’éthique

Au fil des années, la reconnaissance faciale est devenue un élément de plus en plus présent dans nos vies. Au sein des aéroports ou sur les smartphones, elle a connu de grands progrès technologiques. Si le taux de fiabilité s’améliore, la dimension éthique constitue aujourdhui le principal frein à son expansion.

Entre intelligence artificielle et machine learning, l’Afti Numérique apporte à ses étudiants des formations en alternance complètes. Parmi les cursus proposés pour aborder de grands thèmes comme la reconnaissance faciale, on retrouve :

Des problèmes de fiabilité qui persistent

L’un des points faibles de la reconnaissance faciale est son incapacité à être efficace dans 100 % des cas. Il existe toujours des éléments qui peuvent fausser le résultat. La qualité de l’algorithme mis en place est bien sûr essentielle. Celui-ci doit avoir été préparé avec soin au préalable pour limiter les risques d’erreur. Ensuite, la qualité de l’image joue un rôle primordial. Un manque de luminosité rend l’identification difficile et imprécise. Enfin, l’ajout d’artifices et d’accessoires par la personne visée peut permettre de tromper le système avec des lunettes, une barbe, du maquillage…

Cela implique que quelqu’un peut déjouer un logiciel de reconnaissance faciale, mais aussi que ce dernier peut se tromper de personne. Dans les deux cas, le danger est présent surtout dans le cadre d’une utilisation par les forces de l’ordre.

Pour terminer, rappelons que l’entrainement de l’intelligence artificielle à la reconnaissance faciale est un long processus. Il peut être marqué par l’influence des valeurs de ses concepteurs dans le mode de traitement des données utilisées. 

Le spécialiste Clearview visé par des questions éthiques et légales

Après une entrée fracassante sur le marché de la reconnaissance faciale, le logiciel de l’entreprise Clearview a été massivement adopté par les divers services de sécurité américains. Son principal intérêt ? Il est capable de comparer une image avec les bases de données de photos des réseaux sociaux.

Un moyen idéal pour compléter la recherche d’identification d’un suspect lorsque les bases de données classiques ne fonctionnent pas. Avec plus de trois milliards de photographies, il est possible de déterminer le nom et le lieu de résidence d’un individu. Affichant 75 % de réussite, les erreurs ne sont cependant pas impossibles.

Sur le plan éthique, Clearview est accusé d’utiliser des photographies d’internautes sans leur consentement. Une grave atteinte aux libertés de chacun qui s’est transformée en de très nombreuses procédures judiciaires et amendes. Le partenariat avec certaines polices a déjà été rompu et le phénomène pourrait bien continuer.

Une base de données et un cadre législatif à l’étude en Europe

La question de la création d’une base de données pour la technologie de reconnaissance faciale en France et en Europe est un sujet épineux. La Commission européenne envisage néanmoins cette éventualité pour faciliter le travail des forces de police. Elle serait composée de criminels ou de personnes suspectées. Un projet vu d’un mauvais œil par les organisations de protection des libertés.

Deux grands principes légaux ont été déterminés pour la reconnaissance faciale. Dans un premier temps, tout traitement de données biométriques via la reconnaissance faciale doit être justifié conformément au RGPD. Il a également été convenu que toute utilisation dans lespace public est interdite. Ceci dans un objectif de préservation de la vie privée et pour limiter les risques de discrimination. L’unique exception pourrait être autorisée par une action judiciaire.